La Russie souhaite voir la finance islamique se developper 

Finance Islamique en Russie

L’industrie mondiale de la finance islamique, qui connaît des taux de croissance phénoménaux avec une expansion en Europe verra un nouvel entrant en Russie. La finance islamique en Russie c’est pour bientôt !

La Russie a déjà commencé le processus d’acclimatation avec l’industrie de la finance islamique en s’appuyant sur le modèle établi de la Banque islamique de développement (BID), dont le siège est à Djeddah.
“La Russie espère mettre en place le système de finance islamique dans ses banques”, a déclaré un membre de la délégation russe qui rendait visite à la BID.
“Notre principal objectif est de se familiariser avec le système de financement islamique et de le mettre en œuvre plus tard en Russie, où vivent 25 millions de musulmans”, a déclaré Abubakar Arsamaskof, président de la Banque industrielle de Moscou à Saudi Gazette.
La banque islamique fait référence à un système d’activité bancaire conforme aux principes de la charia et à son application pratique par le développement de l’économie islamique.
A la question de savoir si la Russie est prête pour un tel changement, Arsamaskof a indiqué que bien qu’il n’y ait pas encore de cadre réglementaire qui faciliterait les opérations bancaires islamiques, le président et le gouvernement sont prêts à mettre en œuvre la finance islamique au plus tôt et, de fournir au gouvernement les mécanismes nécessaires.
“D’où la nécessité pour nous d’étudier un modèle de réussite et c’est la BID”, at-il dit. Arsamaskof a souligné qu’ils souhaitent développer un partenariat avec la BID pour développer et mettre en œuvre la finance islamique dans les banques russes.

Il a également déclaré que leur banque industrielle compte 7 000 employés répartis dans 260 succursales offrant différents produits et services. Il a ajouté que l’accent était mis principalement sur l’industrie, la construction et l’agriculture. Il a souligné qu’ils émettent une offre de crédit à ceux qui veulent accomplir le Hajj.
Arsamaskof a indiqué que les entreprises russes se dirigent de plus en plus vers l’industrie halal et ont des investissements qui sont estimés à 100 millions de dollars.

«Les produits halal, a déclaré Arsamaskof,« sont populaires aussi parmi les non-musulmans qui achètent ces produits avec plaisir parce qu’ils sont sûrs de leur haute qualité.
Le cheikh Roshan Abasof, premier vice-président du Conseil Shoura de Muftis pour les musulmans de l’administration de la Fédération de Russie, a expliqué qu’en 2000, un organisme réglementaire de certification, de contrôle et de surveillance a été créé sous le nom de Centre international de normalisation et de certification halal (ICSC).
Jusqu’à ce jour 200 entreprises ont reçu la certification ICSC et leurs produits sont exportés vers cinq pays différents, y compris ceux dans la région du Golfe.
M. Abasof a déclaré: «La Russie et la BID collaborent déjà dans différents secteurs – principalement le secteur philanthropique, le Waqf et l’éducation. Et cette coopération dans le système bancaire islamique va encore renforcer les relations. ”
Il a ajouté que plus de 70 étudiants ont bénéficié de bourses de la BID pour terminer leurs études universitaires.
La délégation russe a visité la BID pour collaborer et renforcer le système de finance islamique en Russie. Parmi les autres négociations, la collaboration entre la BID et la Banque industrielle de Moscou pour trouver des possibilités d’investissement et créer des emplois pour les jeunes.
Le président de la BID, Bandar Hajjar, a déclaré: “La banque étudie les méthodes par lesquelles elle peut participer aux banques islamiques en Russie après l’achèvement des mesures juridiques et organisationnelles en coopération avec la Banque centrale de Russie.
Il a ajouté qu’ils ont été témoins d’une volonté réelle dans le gouvernement russe et dans la Banque centrale de Russie pour fournir un environnement approprié pour la finance islamique.

Il a encouragé la BID à former des fonctionnaires bancaires à cet égard et fournir des bourses aux ressortissants russes afin de les préparer à travailler dans le secteur de la finance islamique.

Parallèlement, la BID a approuvé la participation de 29 projets en Russie évalués à 7,4 millions de dollars. Ces projets comprennent: l’Université islamique de Moscou, l’Université islamique de Kazan, un Institut islamique et une polyclinique médicale à Saratov et les Instituts islamiques du Daghestan.
La BID a également fourni une aide d’urgence à la Tchétchénie, consacrée à la construction d’écoles et d’instituts de formation professionnelle.

Finance islamique en Afrique 

État des lieux de la Finance Islamique en Afrique :

La finance islamique a fait une percée remarquable durant ces derniers mois en Afrique, un constat qui pourrait se confirmer dans les années à venir si les Etats et les entreprises privées continuent à lever des fonds à travers ce canal conforme à la Charia.
Après les émissions d’obligations souveraines de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Togo en 2016, l’Africa Finance Corporation (AFC), une institution multilatérale spécialisée dans le développement de projets d’infrastructures en Afrique, a réussi une belle opération.
Fin janvier, l’AFC a levé pour sa première obligation conforme aux percepts islamiques, près de 140 millions d’euros. Une somme qui vient s’ajouter aux quelques 1,2 milliard d’euros déjà émis par les Etats africains durant ces deux dernières années.
L’émission d’obligations islamiques, plus communément appelées Sukuk, vient donc confirmer la tendance: les Etats Africains ont actuellement un penchant vers la Finance Islamique. Longtemps délaissés par les investisseurs internationaux, les Etats Africains, pour la majorité d’entre eux, ont durant plusieurs décennies fait appel uniquement aux organismes financiers internationaux tels que le FMI ou la Banque Mondiale.
Mais depuis peu, les Sukuk connaissent un succès croissant auprès des investisseurs au niveau international. Une tendance qui n’a pas échappé aux Etats africains. Les pays du continent qui ont emprunté à travers ce mode de financement, ont à chaque souscription, dépassé les montants espérés. Cette situation est donc venue renforcer la volonté des gouvernements africains de faire appel à la Finance Islamique.
Le Nigeria, la Tunisie et l’Egypte prévoient ainsi de lancer leur propres émissions obligataires conforment à la Charia dans les mois à venir. Le gouvernement marocain a, pour sa part, octroyé il y a quelques semaines des agréments pour les banques Islamiques. Un décollage qui pourrait fort bien profiter à l’Afrique, si les retours sur investissements sont à la hauteur des émissions obligataires.